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Message  Ruby Westphan le Mer 18 Nov - 23:34

    Le silence qui régnait dans le couloir étouffait et renversait tout sur son passage. Comme si le plafond avait eu la bonne idée de descendre et d'écraser tous les malheureux en dessous jusqu'à les réduire au néant sur le sol. Une absence de bruit pesante que Ruby maudissait intérieurement. Plantée devant la porte terne, ses yeux faisait l'aller-retour entre le sol, ses pieds, et surtout l'inscription qui s'étalait en lettres métalliques sur le battant: SALLE DE RETENUE. La rousse déglutit en silence, angoissée rien qu'à l'idée de se tenir à cet endroit précis. Elle avait chaud... puis froid. Puis chaud encore. Les mains moites, les pieds gelés, et surtout un mal de tête à fendre la pierre depuis plus d'une heure. Le mauvais pressentiment la guettait plus que n'importe quel jour, et cela n'était pas sans l'inquiéter encore plus. Mais toutes ces causes à effets néfastes n'étaient rien à côté du profond désarroi qui stagnait au fond de son esprit. La jeune fille avait tout simplement peur. Elle repoussa pour la énième fois une mèche saumon qui s'égarait gaiement dans son cou, et tritura nerveusement les liens emplumés et emperlés ornant son bras droit. Son autre main serrait la petite montre à gousset de son cou si fort que ses jointures blanchissaient. Bientôt huit heures, heure fatidique du commencement de quartes longues heures de retenue contrainte. Les yeux dans les yeux avec son pire cauchemar sous la mer, commun à beaucoup d'étudiants de l'Institut – et sûrement à quelques profs, en fait... Mais qu'avait-elle au bon dieu fait pour mériter ce genre de peine? Ravalant sa panique, elle frappa timidement deux coups sur le panneau quand huit heures s'annonçèrent.

    Petit flashback? La veille, Institut Fake Pearl, 14h. L'après-midi s'annonçait plutôt calme – un cours d'art, le must pour bien finir la journée avec les S.E.E.R. « Exprimez votre créativité », comme vous voulez, et pour bien démarrer la session, thème au choix. Parfait, une heure ou deux pour se défouler à travers le papier ou la colle, rien de tel pour calmer des étudiants un peu chahuteurs. Ruby avait démarré tranquillement une œuvre armée de banals crayons de couleurs, d'après ses griffonnages de la semaine au solarium, endroit vraiment réputé pour qui est en mal d'inspiration. Deux heures de calme, ponctuées par les rires dans une atmosphère (rare) de concentration qui lâcha les élèves dans un joyeux désordre à travers les couloirs. Surtout pour ce qui devait arriver quelques part dans l'un d'eux. Une dispute entre deux garçons avait démarré et finalement était sur le point de dégénérer en pugilat au beau milieu de l'étage. Sur fond d'autres gens totalement plus intéressés par le vainqueur final que le simple fait de les empêcher de se refaire mutuellement le portrait. Apostrophés des deux côtés, l'empoignade allait bientôt déborder. C'est là qu'aidée bon gré mal gré par deux camarades de son groupe qui retenait les deux protagonistes, la rousse se posa au milieu en leur demandant gentiment de se calmer, histoire de ne pas ameuter un surveillant? Gentiment. Peine perdue, en fait, vu qu'elle fut limite prise dans l'altercation sans pouvoir réagir outre mesure. Ça piaillait, ça encourageait, et surtout ça n'aidait pas.

    Soudain, un silence de mort monta depuis le bout du couloir et gagna quasiment tous les rangs du petit cataclysme, sauf ledit incident. Quelques uns s'en allèrent vite fait, conscient du danger imminent dans un concert de chuchotements. Derrière eux approchait la terreur locale: un surveillant comme on en faisait pas deux -heureusement- et qui savait et surtout AIMAIT se faire respecter: Akai Makejidamashii. Démarche souple, calme olympien et sourire un peu trop malveillant au goût du commun. L'un des rares qu'il valait mieux ne pas avoir comme ennemi, quoi. (peut-être aussi en ami...) Aucun besoin pour lui d'élever la voix, au ton normal la sienne se faisait très clairement entendre dans le silence quasi-sacré du couloir. Surtout quand il plaqua sans délicatesse l'un des deux apprentis combattant contre le mur par une solide clé de bras. Recul général de toute l'assistance en moins de trois secondes.


    « Que ceux qui n'ont presque rien à voir et tiennent à la vie déguerpissent rapidement. »


    Ou comment faire fuir deux dizaines d'étudiants en moins de 15 mots. Les yeux démoniaques du représentant de l'ordre scrutaient avec attention les quatre jeunes face à lui: l'opposant au premier qu'il tenait fermement, Ruby et ses deux aides. D'un mouvement de tête, il leur fit signe de partir. Si les deux amis s'enfuirent sans demander leur reste, la rousse fut quasiment incapable de faire le moindre mouvement. Ses yeux de grenat était fixés sur l'adulte, son visage ayant perdu toute trace de couleurs: pétrifiée sur place rien qu'à la vue d'Akai; dans sa tête repassait par vague le Cauchemar, sa silhouette sombre et tout ce qu'elle impliquait. Le passé revenait dans une réalité affreusement présente. Inconsciente de son geste, elle glissa sans s'en rendre vraiment compte sur les genoux, sa jupe en corolle autour d'elle. Juste en face d'elle, le surveillant braquait ses prunelles d'enfer sur la chose qui le regardait en panique.


    « Va t'en. Tout de suite. »

    Il l'avait apostrophée, ce qui n'amena aucune réaction de l'adolescente figée. Conscient de sa supériorité et pensant être débarrassé des observateurs, il tenait toujours fermement le plus belliqueux des deux. Sa poigne se resserra sur celle de l'étudiant et un craquement sinistre se fit entendre, suivi d'un cri de douleur. Un second cri horrifié échappa à Ruby et à l'autre garçon. Il lâcha sa victime qui s'écroula sur le sol, l'épaule totalement déboitée et gémissant de douleur, bientôt soutenu par son compatriote. Sans même se retourner, il leur lança d'une voix dure:

    « Pas très résistant. Disparaissez! Vous viendrez me voir ce soir pour un petit entretien privé en retenue. »

    Sans leur dire deux fois, ils s'enfuirent sans demander quoi que ce soit, laissant l'autre avec l'horrible adulte. Qui s'approcha, un mince sourire s'étendant sur ses lèvres. Son aura avait une influence des plus intéressantes sur cette fillette... Il se pencha de quelques degrés et chuchota d'une voix doucereuse - dangereuse à l'attention de la rouquine prostrée:

    « Je crois que quelques heures de plus en ma compagnie ne seront pas de trop. Demain, 20h, salle de retenue. »

    Il partit tranquillement et d'un pas assuré, laissant une Ruby en pleine crise de panique silencieuse. Elle devait se calmer et reprendre ses esprits. Se relevant en vacillant, elle suivit lentement le chemin de la salle commune, l'esprit totalement vidé et les mains encore tremblantes. Le Mal était revenu. Et voilà qu'il se trouvait sur son chemin, bien décidé à ne pas la laisser partir facilement. La soirée suivante était impossible.


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Ruby Westphan
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